Caribou & lurex

2009 décembre 2
par Aurélie

Je ne voudrais pas avoir l’air d’insister, mais aujourd’hui, c’est ENCORE ma fête.

Je n’invente rien, c’est écrit partout sur l’Internet: le 15 octobre ET le 2 décembre.

C’est pas ma faute, c’est comme ça, puis c’est tout (ie DOUBLE cadeau).

Alors pour l’occasion, j’ai mis mon pull à capuche, celui à pois gris qui brillent, avec des fils de lurex.

Mais sans les Shox argentées de la veille, nous avons le sens du détail tout de même, point trop de glitters il ne faut.

Je fous ma cagoule

J’étais donc plutôt d’humeur scintillante ce matin. Jusqu’à ce que je rentre en salle de réunion. Et qu’un con de caribou collègue me demande devant tout le monde:

“Benh Aurélie, t’as mis ton gilet de Noël?”

Oui, je prends de l’avance. Ca pose un problème? Cet après- midi, je démarre même le casting pour choisir les rennes qui auront le droit de se geler les miches en ma compagnie, dans la nuit du 24 au 25. Tu as gagné la première place, en tête du traîneau.

Credit Photo: Canal Sat

En vrai, j’ai rien dit. Je l’ai juste pensé très fort en prenant bien soin de le mitrailler du regard jusqu’à la fin de la réunion.

On touche la prime de fin d’année le mois prochain et elle n’a pas encore été décidée. Alors je suis sage (enfin j’essaye), sinon le Père Noël risque de ne pas passer. Cette légende nous poursuit, même à l’âge adulte… Sachant que j’ai déjà dépassé le quota de bêtises autorisées pour 2009 (heures de travail et temps personnel confondus).

En attendant, il y a tout le service qui défile dans mon bureau “parce que Caribou il m’a dit que t’avais mis ton gilet de Noël.

Et il n’est que 15heures.

Ca se mange la viande de renne?

Auréli(a), 15ans

2009 décembre 1
par Aurélie

Je me suis pris un coup de vieux. Encore.

Si j’arrêtais d’assister à des évènements fréquentés par les minettes de 15 ans et sponsorisés par Foune Radio aussi…

They know what is what, But they don't know what is what, They just strut... What the fuck?

On a beau avoir 27 ans (et demi), rien ne nous arrête: on va clubber le samedi soir au POPB. Et on n’a même pas besoin d’entraver la permission de minuit, puisqu’à 23h30 pétantes, toutes les lumières étaient rallumées et le service d’ordre nous priait plus ou moins gentiment de dégager les lieux.

Avant de rentrer (même pas avec le dernier métro, la honte), nous sommes allées uriner. C’est que booty- shaker, ça donne soif. Puis la pinte est moins chère que la bouteille d’eau, alors hein, le choix est vite fait… On est majeures depuis belle lurette et pas vaccinées: on peut se murger en toute impunité.

Et là, sous les néons des WC, je les ai vues. Qui? Mais ces jeunes filles qui maquillent leurs visages d’enfants comme des camions volés. Et qui s’habillent comme des te- pu aussi. Disons- le franchement.

Elles sont fraîches, elles sont sveltes, mais elles n’ont pas le charme que nous donnent nos pattes d’oie naissantes et  la connaissance de soi grandissante.

Elles se cherchent tellement qu’elles se perdent.

J’ai vu l’image qu’elles renvoyaient dans le miroir, puis j’ai aperçu mon propre reflet. Et j’ai prié pour ne jamais avoir eu 15 ans de cette façon là.

J’ai réfléchi un instant et je me suis souvenue.

Je crois qu'il est en train d'essayer de la pé- cho... et il va y arriver!

Je me teignais les cheveux en auburn, mes états d’âme filaient au rythme des montagnes russes, je lisais beaucoup plus de littérature qu’aujourd’hui, et j’étais amoureuse de Jordan Catalano. Comme Angela, 15 ans ou l’héroïne de My so- called life. Cette série, qui a duré le temps d’une trop courte saison, passait sur Canal Jimmy, et je n’aurais loupé un épisode pour rien au monde. Je crois qu’adolescente, j’étais déjà attirée par les histoires compliquées. Entre la fille qui se pose des milliards de questions à la seconde sur la vie, et le garçon envoûtant mais illettré, on peut dire que j’étais servie!

Enfin, je dis ça, mais dans un moment d’égarement, j’ai sûrement mis du contour des lèvres marron foncé, du crayon noir sous les yeux qui coule jusque sur les joues, un pantalon blanc trop serré, un top rose à paillettes et des chaussures à talons hauts qui font la fesse cambrée. Et comme ces jeunes poufs filles ce soir- là, je devais me sentir la plus belle pour aller serrer danser. J’ai la mémoire sélective, j’ai oublié.

Bref, tout ça pour dire que samedi je suis sortie des cabinets drôlement rassurée sur ma condition de (quasi) femme en route vers sa double- quinzaine. Autrement plus à l’aise dans ses Shox d’aujourd’hui que dans ses Air Max de l’époque. Heureusement, il y a des choses qui ne changent pas: je gambade toujours en Nike.

Mes Shox argentées et mes chaussettes rayées luttent activement .

Et surtout, à 15 ou 30 ans, on n’hésite pas sur l’acte sexuel d’amour- MAIS ON SE PROTEGE encore & toujours. En espérant qu’un beau jour, cette journée mondiale contre le Sida n’ait plus sa raison d’être.

EDIT post- digestif du 1er décembre après- midi:

Le plateau "couvert"

Dans la Fonction Publique, ça commu- nique à la cantine!

La Granny est en compote

2009 novembre 25
par Aurélie

Un mardi après- midi comme un autre.

Mais pas hier.

Plutôt celui de la semaine dernière (j’ai pris le temps de me remettre de mes émotions).

Bureau- Boulot- pas Dodo, bien que les mouches semblent s’activer sans faire de bruit au- dessus de nos têtes absorbées, puisque nous ne les entendons même pas voler!

Alors que je suis concentrée sur mon tableau Excel (i.e alors que je galère avec ces put*** de données croisées), mon téléphone se met à vibrer violemment à côté du clavier.

Enveloppe —> TEXTO.

Mon frère. Plus petit que moi. Enfin non (heureusement pour lui!), juste plus jeune de quelques années.

Pomme C

“J’ai eu un accident de voiture. La C3 a mangé. Mais C T PAS MA FAUTE. Et ce soir je vais voir Muse à Bercy!!! (Ah oui au fait, pas de panique, j’ai rien)”

Pomme V

Attention les yeux! La Granny (encore entière) en virée à Cabourg sous un temps typiquement normand.

En 2 secondes 12, le temps de lire jusqu’à la parenthèse finale ce texto maléfique, j’ai failli mourir d’inquiétude au moins 15 fois.

En comprenant tout de suite que le mauvais esprit et le pouce fraternels qui ont servi à envoyer ce SMS étaient sauvés. Parce qu’il aurait bien été capable d’aller voir son concert en faisant crisser les pneus d’un fauteuil roulant flambant neuf {humour noir fluo permis}.

Le choc, la frayeur, et l’envie de le tuer passés, j’ai réalisé:

C’est pas mon frère pour rien celui- là tiens.

OU/ET

Je crois qu’il est bien parti pour devenir aussi con que sa soeur.


Lui reste encore sept petites années pour me rattraper. Oui, je le soupçonne de me dépasser autrement que par la taille un jour, il ose déjà le sordide à son jeune âge… Il a été formé à bonne école en suivant l’exemple de son aînée, mais les études de droit n’améliorent définitivement pas.

[L'air de rien, ce billet est une véritable déclaration dégoulinante d'amour à l'unique, le seul, l'inégalable, l'incomparable, le magnifique Tiennou- le MIEN- MON frère à MOI, et pas que demi dans mon coeur de meilleure soeur du monde]